Eurotopia
















Quelques pensées matinales qui viennent à l'esprit à propos de ce que l'on pourrait appeler Eurotopia. Ou l'idée erronée que l'Europe unie pourrait se faire sans que les pays membres ne fassent aucun effort particulier à s'adapter pour que cela se réalise.

Au contraire en France, entre autres, trop de nostalgiques semblent vouloir se retrancher dans le passé, aux années tranquilles (mais aussi illusoires) du mitterandisme. Sinon encore plus en arrière, quand le peuple avait le droit de décapiter les bouc-émissaires qui pour eux représentaient alors l'establishment.

En France aujourd'hui on dirait que le bouc-émissaire numéro un est Nicolas Sarkozy. Ceci tout en sachant que sans relâche il fait toujours de son mieux pour gouverner le bateau de la France pour éviter les rochers dans la belle tempête contre laquelle on doit faire face. Depuis des années d'ailleurs on a sciemment cherché à le discréditer et à le diminuer, peut-être pour compenser des frustrations, ainsi en le blâmant pour tout le mal du monde.

Car en fait c'est justement 'ce monde là' que ceux qui s'acharnent contre lui en songeant avec béatitude à retourner dans le passé, refusent en bloc et de manière bornée.
Pourtant on ne peut pas éviter ce monde là qui est forcément cette réalité. Les nations de l'Europe ne sont plus les petits îlots où chacun peut faire comme bon lui semble. De s'être comporté ainsi, même avant la venue de la monnaie unique, était aussi en somme de suivre une belle illusion. Une attitude déjà dépassée basée sur une conception fausse.

Aujourd'hui c'est simplement plus évident- et c'est l'enjeu européen, puis l'enjeu international.
Lequel? En fait c'est tellement simple que le besoin d'y faire allusion
ne devrait même pas être nécessaire.
Un exemple quand même assez criard: Si en Allemagne et en Italie on travaille mieux pour le même salaire dans la production des automobiles qu'en France, et on est plus inventif (eg. Fiat et BMW à partir de 2008), la France aurait de plus en plus de mal à concurrencer avec ces pays dans ce domaine. Si à cause de ce phénomène, rendu pire par trop de social, trop de pression inutile des syndicats, trop de préjugés démodés envers le patronat, trop de charges pénalisantes, trop de droits acquis (sans considérer la volonté folle de rétablir l'âge de la retraite à 60 ans, entres autres idées socialistes isolationnistes et périmées) les entreprises françaises n'arriveront plus à être compétitives. Ainsi elles ne peuvent plus exister, au moins en France. Pour survivre elles sont alors contraintes de se rétablir ailleurs où le travail coûte moins cher, et en France le chômage augmenterait encore, taxant le pays toujours davantage.

Bien évidemment sans ses entreprises un pays coule. Sans assez de recettes on ne peut plus financer le social. L'enjeu européen n'est pas plus compliqué que cela, et bien entendu la solution illusoire de retourner dans le passé, ou comme un escargot- de rentrer dans sa coquille confortable pour essayer de retrouver le rêve doux d'antan, l'Utopie nostalgique imaginaire, ne l'est point.

On ne peut pas éviter la concurrence. C'est une réalité de la survie.
Bien évidemment elle l'a toujours été, mais dans le monde d'aujourd'hui en pleine évolution accélérée, cette réalité est encore plus frappante et inévitable.
Faire des promesses sociales pour essayer de contourner cette réalité est bien trompeuse, très malhonnête et donc dangereuse.

Déjà l'Espagne et le Portugal paient le prix fort pour n'avoir pas assez adhéré à cette réalité. Même aujourd'hui les syndicats belges ne semblent pas apprécient l'enjeu et pourquoi les mesures d'austérité sont alors nécessaires.

Pour la Grèce, on se demande à quel point le peuple grec est résolu à rester dans la zone euro. Mais quelle que soit sa volonté, c'est évident que la Grèce, elle aussi, est obligée d'assumer les exigences de la réalité.  
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Text © Mirino. Image by NASA. Night view of Europe, (Turkey, North Africa, Saudi Arabia, Iran, ect.) With thanks. January, 2012

2 comments:

rob said...

La crise a toujours été propice aux changements et aux réformes... if we want to see the glass half full ;-)

Mirino said...

@Rob
En ce qui concerne la France, changer pour changer serait catastrophique. Mais si (espérons) que Sarkozy soit réélu, l'expérience d'être dénigré depuis des années, avec celle de ces élections, le rendrait encore plus fort et plus déterminé à résoudre les problèmes, certainement de la France, ce qui veut aussi dire de l'Europe.